Confins #5 - Vide







Un peu de vide.
Pointiller la vie.
Un chien aboie la nuit et se tait le jour.
Comme la chouette du grenier.
Bruit de poucette pour endormir l'enfant.
Madeleine au citron (sans gluten).
Zozo l'Escargot.
Petites maisons aux toits bossus qui rigolent.
Oiseaux qui criaillent à pleines poignées dans les massifs.
Interruption volontaire de vitesse.
Nous sommes en pleine décroissance, et à mesure que l'on décroît, on dé-décroit : le monde moche montre son pire, son dos d'écailles de bitume vierge ridicule sur les parkings, ses magasins inutiles fermés, ses spectres enmasqués qui déambulent tristement dans de vains vaisseaux automobiles, ses cris d'excitation journalistiques n'ont plus rien à articuler...
Place faite au vide.
Le vide n'est pas quelque chose qu'on récolte avec ses mains ou n'importe quel ustensile, c'est quelque chose de plus grand qu'on embrasse, et qu'on serre bien fort jusqu'à ce qu'il pénètre le dedans.
Et alors, selon l'humeur du moment, soit on panique, soit on profite.
C'est le choix de ce mercredi.

RM 25/03/20

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