- Décor -


Le Jardin de Laschamps est le ventre de la Mère, d'une mère qui enfante à chaque instants une portée de ces violentes douceurs qui me traversent, me tressaillent, me troublouillent... Une portée sur laquelle se disposent les notes hasardeuses de ma musique intérieure, la musique naturelle du quotidien affecté. Le soleil se répand sur mon visage en une pénétrante plénitude, porté au sommet du ciel matinal par les battements d'ailes des oiseaux ravis, accueilli par leurs chants déjà accordés avant l'aube. Que de "chemins faisants" répétés obstinément et parcourus avec l'anarchie des grandes oeuvres, pour revenir d'où je viens. Revenir sur tous ces lieux qui m'incarnent, en une seconde de souffle coupé, succédée par le halètement de la vie qui reprend...

Six notes se touchent et dialoguent sur un carillon joué par le vent. Ses habiles mains sont des arbres. La cloche de l'église Saint Antoine de Padoue de Laschamps ponctue, répond, conclue, réforme, transite, passe. C'est le choeur antique, et son coryphée le temps, absent ici. Ce lieu dépouillé du temps représente probablement la Mesure du Monde à découvrir, à fouler, quitte à le revisiter sans guide. D'ailleurs, le guide n'a d'existence que par la fonction qu'on lui délègue. Merci à lui de s'être effacé dans le vertige des sens.

A suivre : Le Livret de "Tchin' Dong, l'opéra-apéro" (pour carillon, cloches et verre de rosé).

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