"Il n'y a pas de paysage... " #1

...qui n'ait rien à dire."
Le Colporteur est revenu d'un long silence qui nous fait signe.
Signe de quoi ?

D'un inquiétant rythme machinique de l'action, d'un regrettable usage de l'émotion, d'une décoloration lente des espoirs, des regards, des pensées.  Cela dans l'infiniment-partout et dans la finitude de l'ailleurs, parqué dans un enclos numérique d'à présent et de dorénavant.

Alors le colporteur se remet en marche. Il plante ses pieds dans l'avancée du monde pour en recourber le torrent, afin que les méandres du chemin parcouru et à parcourir paramètrent les splendeurs révélées de reliefs oubliés. Puis c'est par d'infimes touches de couleurs apposées par le seul geste du regard, que l'horizon se fait jour, consubstantiellement  tracé avec les collines, les tertres, les combes, les cimes d'arbres et les toits qui contrarient sa linéarité.





Fendre la projection d'un espace continu par le décor lui-même, chargé de tout ce que les terres ont pu porter d'Hommes et d'évènements, conduit à créer des frontières. Ou plutôt des passages... Commence alors pour le colporteur son second travail, l'arpentage des sentes comme autant de ramifications d'un parcours vivant, subissant l'évolution de sa propre forme, sans cesse à la poursuite d'une ouverture, d'une œuvre.

Ici l'œuvre se mesure au cours de quelques distances jetées entre Blesle et Massiac.
Ici l'œuvre se tisse au rythme balancier des jambes qui marchent.
Ici l'œuvre se colporte avec Lionel Alès et Bernard Quinsat.
Infiniment-ici, l'œuvre est vouée à l'émersion du monde renouvelé.





Et comme l'oeil suit à bout d'horizon, 
Quelque songe errant aux nues entraînées,
Le coeur va chercher, loin dans les années,
Sur le vieux pays sa grande chanson.
Henri Pourrat, Gaspard des Montagnes.




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