Ils reviennent... du lit de la Sioule ou des nuages ?


Mais que font-ils ??
Que font François Arbon, Catherine Paris et votre serviteur derrière cette porte des Fours à Chaux de Romagnat ?

Ils attendent de jouer pour la grande première de leur spectacle "Sekkelaar Road".C'est le 21 Août 2013, ils ont tous sur leurs épaules leurs pied-de-poule respectifs et la lourde responsabilité de livrer leur analyse du carnet de voyage d'Ernest Motaillas, un naturaliste perdu sur le Chemin de Saint Jacques qui suivit le cours de la Sioule pour avancer vers le Sud.

Violons, synthétiseurs de formes et de couleurs variées, voix, accordéon et bouzouki ne suffisent pourtant pas à percer le mystère des chansons collectées le long de la Sioule, où la rivière est quelque part "le train" de la folk song américaine, ni celui de la "route" de la Sioule qu'emprunte Motaillas dans les années 20 :

"Le 24 Mars, à 17h 18 : A vrai dire, il est étrangement indéniable que la Sioule prend sa source vers le petit village de Contigny, là-même où elle se jette dans l'Allier, et qu'elle se termine contre toute vraisemblance en marigot bourbeux du coté de Vernines où un timide Sioulet esquisse un empattement lointain et hors de propos, quelque ruisselet de fioritures comme si quelque chose d'humain dans la rivière renonçait à abandonner sa course si pitoyablement."

Plus loin, Ernest développe, à mon sens, au fil des pages de son carnet, les prémices de sa théorie de la "Dialectique du Saumon Sauvage" et à travers celle-ci la grande réflexion sur l'Infiniment-Ici qui nous occupe ici :

"Les chercheurs d'or ne manquaient pas. Ils étaient là eux aussi, à danser, les bottes enfouies et les bains bleuies par les quotidiennes eaux froides, leur tamis à la main, panant sans relâche durant de longues heures afin de trouver un peu de cet or que les légendes sur les fades évoquent vaguement, mais pourquoi sont-ils tous là, avec leurs barbes et leurs chapeaux, leurs femmes ne les attendent-elles pas encore dans les montagnes du Yukon ? Que font-ils dans la Sioule, croient-ils vraiment y trouver de l'or ? Sont-ce des fous, sont-ce des damnés ? Non me dis-je, bien sûr que non, ils sont là car ils pourraient être ailleurs à changer le plomb en or, l'endroit n'a plus d'importance - à quoi bon fuir ? Peut-être que ce que nous cherchons se trouve juste sous nos pieds, ou passant juste à coté de notre jardin dans une rivière que nous ne connaissons que par le petit pont qui nous permet d'en rejoindre l'autre rive, ce que nous cherchons se trouve là où on est ou bien il ne se trouve pas et dans ce cas le chercher c'est le fabriquer, et ces chercheurs d'or ne sont pas fous, ils ont raison de chercher, là ou ailleurs aucune importance puisque la Sioule ne fait que partir et c'est bien en cela qu'elle n'a pas de destination, elle est à chaque endroit sa destination, miroir obsédant du soleil."


Avec le carnet d'Ernest Motaillas et la "Valise à Sioule, ramassée sur la Plage du Terrail


Quelques temps plus tard, un certain Jean-François "Maxou" Heintzen, qui a un rapport évident avec les rivières puisqu'il se fait bercer depuis toujours par les flots musicaux du collectif de La Chavannée, me transmet le texte suivant, extrait du "Siècle des Nuages" de Philippe Forest :

[l’auteur parle d’un hydravion qui s’est abîmé auprès de la Saône, sur laquelle il devait se poser]
Et j'ai très précisément pensé qu'il avait dû autrefois se coucher dans le lit de sable et d'eau de la Saône, celui-là même auprès duquel lui et elle – mon père et ma mère – avaient grandi à l'âge du vieux vingtième siècle, le fleuve coulant si lentement vers le sud que personne, un autre auteur latin le dit, n'a jamais su en percevoir le mouvement ni en dire la direction, comme si lui, le fleuve, allait indifféremment vers sa source supposée ou bien vers son possible estuaire, l'amont et l'aval indiscernables, traçant une sorte de boucle perpétuelle, sans commencement ni fin à l'intérieur de laquelle remuaient doucement les longs et lents remous d'une seule et même histoire.

Alors qu'avec éclat la Sioule sonne, les trois artistes-saumoniers sont redescendus des nuages pour vous chanter ses méandres, soyez donc tous à Saint-Eloy-Les-Mines le Vendredi 02 Juin à 20h 30 (médiathèque intercommunale) !

Nous vous y attendons de pied-de-poule ferme.
Le lien vers l'évènement : http://www.planetepuydedome.com/fetes-et-manifestations/saint-eloy-les-mines/concert-sekkelaar-road/tourisme-FMAAUV000V5058SW-1.html




Commentaires