Ma contribution à "Debout De Bois"

L'histoire des tas de bois est un peu longue à raconter et je m'y emploierai dans un article plus long, plus tard. Sachez que dans cette histoire, la peintre Pascale Durif y est pour l'essentiel, et que c'est probablement à travers ses mots et son fonds iconographique que je rentrerai dans les détails très prochainement.
Mais voilà, l'envie me tenaille de vous livrer encore tous chauds, quelques clichés de mon excursion matinale (voire aurorale) dans les Combrailles, sur les rives de la Sioule autour des Fades.

Après un repérage sur les rails d'une ligne de chemin de fer désaffectée le weekend dernier avec Simon Guy et Cristal Sénès, nous avons regagné la vieille gare des Ancizes, après s'être sustentés de quelques lignes du "Chant de la Voie Publique" de Walt Whitman, accroupis sous le tablier du Viaduc des Fades, pour redonner du corps et du sens à la formule "En Marche"... Et prenant par un chemin qui, nous l'avions vérifié, rejoignait la route départementale, j'ai été marqué par la vision lointaine de la Sioule depuis un pré à vaches à La Rossignole. Je décidai d'aller y filmer, quand l'occasion s'y prêterai, le lever du soleil. Chose promise, chose due, et donc ...chose faite ce matin.

Or, sur la route, on trouve toutes sortes de détails, d'architectures, de haies, d'animaux... Et à chaque voyage son lot de surprises et de découvertes. Mais qui a déjà laissé pencher son coeur et son regard sur ces tas de bois, disposés selon un art impénétrable, dans un pré, à proximité d'une ferme ou d'un hangar ? Du bois qui sèche, rien de plus. Du bois toutefois dont le rangement et l'installation obéissent à une combinaison d'axiomes de science populaire trempés dans l'imaginaire profond et discret qui meut les hommes du pays. Je n'en dis pas plus ici, regardez plutôt. 

À La Sagne (Les Ancizes-Comps)

Mon inextinguible tendance à la dialectique me pousse alors à contempler la même brume de Sioule depuis l'autre rive (puisque la Sioule n'a pas de sens, CF article précédent ici). Me voilà, contre toute attente, plein ouest à Lamazière, commune de Saint-Priest. Là m'attendait un spectacle inouï. 


C'est l'histoire de deux petits lapins et deux grands tas de bois...


Un véritable conte en puissance, que Pourrat n'a pas eu le temps de collecter ou d'écrire, s'étalait sous mes yeux. Pourtant l'ami Henri, à force de fréquenter par l'intermédiaire de Bernard Quinsat et d'Emile Duchemin les mémoires d'Elan Noir, est devenu familier des tipis des Indiens d'Amérique du Nord. Une possible hypothèse concernant ces tas de bois disposés "en Cercle" ?

"Tout ce que fait un Indien, il fait dans un cercle.
Il en est ainsi parce que le Pouvoir de l'Univers opère toujours en cercles et que toute chose tend à être ronde. Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple heureux et fort, notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la nation et tant qu'il ne fut pas brisé, notre peuple a prospéré.
Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle. Le cercle est rond et j'ai entendu dire que la Terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond, car leur religion est la même que la nôtre. Le soleil s'élève et redescend dans un cercle. La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre. Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient.La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut. Aussi nos tentes étaient rondes comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle, le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids où nous couvions nos enfants selon la volonté du Grand Esprit."
Black Elk, tribu Lakota (Sioux), 1863 - 1950


Nous terminerons notre première incursion dans ce monde fascinant de l'amas, par une étape à Loubeyrat, où nous attendaient quatre autres tas de bois.
La suite et les explications dans le prochain article...






Quant à mon avis global sur la Sioule, vous pourrez l'entendre dans le spectacle Sekkelaar Road avec Catherine Paris et François Arbon, que nous rejouerons exceptionnellement le vendredi 2 Juin à Saint-Eloy Les Mines...

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